1) Biographie de l’artiste

« Le public peut-il ou doit-il se soucier de l’identité du modèle? Le tableau doit valoir par les seuls mérites de son arrangement. » [3]

  • James Whistler

James Abbott McNeill Whistler est né à Lowell au Massassuchetts le 10 juillet 1834 et il partagera sa carrière entre Londres et Paris. Il s’inscrit à l’atelier de Charles Gleyre à l’École des beaux-arts en 1856 et, pour assurer une meilleure diffusion de ses œuvres, il s’associe deux ans plus tard avec Alphonse Legros et Fantin-Latour. Il est le fils de George Washington Whistler, ingénieur civil et constructeur de locomotives à vapeur, et d’Anna McNeill Whistler. Son frère William McNeill Whistler était un soldat confédéré et un chirurgien. Comme son père était ingénieur, sa famille a souvent changé de villes et de pays par manque de travail et par l’apparition d’opportunités ailleurs. Il a vécu à Lowell  (Massassuchetts) en 1834, Stonington (Connecticut) en 1837, Springfield (Massassuchetts) en 1839, St-Pétersbourg en 1842, Londres en 1847-1848 (séjour chez de la famille). Pendant leur séjour à Londres, son père meurt du choléra et sa mère décide de ramener ses enfants avec elle dans sa ville natale de Pomfret, Connecticut en 1849, Baltimore, Paris en 1855, Londres en 1859, Paris en 1861.

Dans sa jeunesse, il a pris des leçons d’arts privées, puis il s’est inscrit à l’Académie Impériale des Beaux-Arts à 11 ans. Il fut envoyé à l’École du Christ Church Hall car sa mère espérait qu’il devienne ministre. Il n’allait jamais quelque part sans son carnet de croquis qui le rendit populaire auprès de ses camarades de classe pour ses caricatures. Comme la religion ne l’intéressait pas, il a postulé à l’Académie militaire des États-Unis à West Point. Ses notes atteignirent difficilement la barre des à peine satisfaisantes. Il fut ensuite renvoyé de l’école et le plus grand accomplissement qu’il réussit durant ses trois ans à cette école fut l’apprentissage du dessin et de la cartographie de l’artiste américain Robert W. Wei. Il a ensuite travaillé comme dessinateur représentant toute la côte américaine à des fins militaires et maritimes mais il trouva ce travail ennuyeux. Il fut donc souvent absent ou en retard. Tous ses temps libres étaient consacrés à jouer aux billards, il était toujours sans le sous. Après avoir découvert qu’il dessinait des serpents de mer, des sirènes et des baleines en marge des cartes, il fut transféré dans la division de gravure de l’Enquête sur la côté des États-Unis. Il n’y est resté que deux mois mais il apprit la technique de gravure qui s’est avérée plus tard utile à sa carrière.

Quand il arriva à Paris en 1855, il adopta la vie d’un artiste bohémien. Il étudia à l’École Impériale et à l’atelier de Marc-Charles-Gabriel Gleyre. Il ne vendit presque pas durant sa première année à Paris alors il était en dette régulière. Il eut de l’aide de son ami George Lucas, un ami riche, qui l’aida à stabiliser ses finances. Malgré un répit financier, l’hiver de 1857 fut difficile pour James car sa santé, déjà mauvaise, a empiré à cause du tabagisme excessif et de consommation excessive. Et, il fut influencé par Charles Baudelaire à cause de ses idées et théories de l’art moderne.

2) Introduction de l’œuvre et histoire autour de l’œuvre

« Quand la lumière s’éteint et que les ombres donnent de la profondeur, tous les détails pédants et sévère disparaissent, le trivial disparait, et je vois les choses comme elles sont en grandes et fortes masses. L’homme assis disparaît de l’image mais son ombre est toujours présent. L’ombre disparaît mais le dessin reste. C’est cela que la nuit ne peut pas s’effacer de l’imagination du peintre. » [5]

  • James Whistler

James McNeill a fait cette peinture de sa mère lorsqu’ils étaient à Londres en 1871. Sa mère ne fut pas son premier modèle lors de ce voyage. Le modèle original ayant eu un empêchement l’empêchant de l’aider selon une lettre de sa mère, c’est alors qu’il décida de prendre sa mère en portrait. Dans ce portrait, ce qui intéressait le moins le peintre fut le sujet dessiné, son caractère et sa situation émotionnelle mais ce qui l’intéressait était la création d’un dialogue pictural entre les couleurs et les formes.

La toile est décrite à la fois comme une icône américaine et une Mona Lisa victorienne. Elle est l’une des plus célèbres œuvres d’un artiste américain conservée hors des États-Unis et elle fut achetée par l’État français en 1891.

Cette toile a reçu des réactions mixtes pendant son temps. Des critiques ont trouvé et pensèrent que cette toile fut une expérience raté plutôt que de l’art. L’Académie Royale l’a, au début rejeté mais l’a accepté à contrecœur après des pressions de Sir William Boxall mais la peinture fut suspendu dans un lieu défavorable à son exposition.  Certains dirent que les couleurs et la pose de sa mère étaient  un symbolisme d’un grave sentiment de deuil. Les autres critiques trouvent que cette toile est une œuvre incroyable qui représente le parfait symbolisme de la maternité. Et depuis ce temps, la toile s’est révélée être une des peintures les plus célèbres de l’histoire.

La toile a suscité plusieurs réactions différentes dont la parodie, le ridicule et le respect. Certains l’ont considérée comme le sentiment digne de vieillesse, un grave sentiment de deuil ou un symbole parfait de la maternité et d’autre l’ont utilisé pour la moquerie. Mais durant le Dépression, la toile était estimée à une toile d’un million de dollars. Elle fut acceptée comme une icône universelle de la maternité par le public mondial.

L’artiste allie un réalisme sans concession, en particulier dans le traitement du visage, découpant strictement le profil à la manière des médailles ou des portraits du Quattrocento. [2] Quattrocento (millequatrocento) est le 15e siècle italien, succédant au Moyen Âge et le siècle de la Première Renaissance, mouvement qui amorce le début de la Renaissance en Europe. [6]

Le regard fixe et obstiné, où certains ont lu la désapprobation de la mère pour le mode de vie du fils, suggère surtout une confrontation lucide de la vieille femme avec le temps et la mort. Au-delà du portrait circonstancié, le tableau invite à une méditation et apparaît comme une ascèse, favorisée par le dépouillement de ce magistral. [2]

Petite anecdote : Le 32e président des États-Unis Franklin Roosevelt était tellement pris avec la peinture qu’en 1934, il a conçu un modèle d’un timbre pour la fête des mères avec la présence de cette toile sur le timbre [1]

 

Médiagraphie

Article

[1] National Gallery of Victoria. « Whistler’s Mother ». En ligne. 26 mars 2016 au 19 juin 2016. <http://www.ngv.vic.gov.au/wp-content/uploads/2015/12/NGV_SCHOOLS_WHISTLERS-MOTHER_2016.pdf>. Consulté le 10 mai 2017.

Livre

[2] Coneval, Guy. Guides et ouvrages généraux sur le musée d’Orsay. Le Musée d’Orsay à 360 degrés. Skira Flammarion. Paris, 2013. Consulté le 26 avril 2017.

Sites Internet

[3] Se connaître, de l’introspection à la culture. « La mère de l’artiste de James Whistler ». En ligne. 8 septembre 2011. < http://mieux-se-connaitre.com/2011/09/la-mere-de-lartiste-de-james-whistler/>. Consulté le 10 mai 2017.

[4] Musée d’Orsay. « Arrangement en gris et noir n°1 ». En ligne. < http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire_id/arrangement-en-gris-et-noir-n1-445.html?no_cache=1>. Consulté le 10 mai 2017

[5] Epoch Times. « Entre les ombres : le peintre James Abbott McNeill Whistler ». En ligne. 22 novembre 2011. < http://www.epochtimes.fr/archive/front/11/11/22/n3505515/entre-les-ombres-le-peintre-james-abbott-mcneil-whistler.html>. Consulté le 10 mai 2017.

[6] WIKIPÉDIA. « Quattrocento ». Wikipédia. En ligne. 9 août 2016. < https://fr.wikipedia.org/wiki/Quattrocento>. Consulté le 10 mai 2017.

WIKIPÉDIA. « James Abbott McNeill Whistler ». Wikipédia. En ligne. < https://en.wikipedia.org/wiki/James_Abbott_McNeill_Whistler>. Consulté le 10 mai 2017

Photos

[7] WIKIPÉDIA. « Arrangement en gris et noir n°1 ». Wikipédia. En ligne. 19 avril 2017. < https://fr.wikipedia.org/wiki/Arrangement_en_gris_et_noir_n%C2%B01>. Consulté le 10 mai 2017.

TOILE ORIGINALE – PARODIES ET HOMMAGES